International Social Security Review International Social Security Review

Publiée depuis 1948, la revue International Social Security Review (ISSR) est la plus importante publication trimestrielle internationale en matière de sécurité sociale dans le monde.

Des articles rédigés par d'éminents spécialistes de la sécurité sociale présentent des comparaisons internationales, des analyses approfondies de questions spécifiques et des études sur les régimes de sécurité sociale des différents pays.

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Résumés des articles (Numéro courant: juillet-septembre 2018, volume 71, numéro 4)

Numéro spécial: Le rôle des services publics de terrain dans les politiques visant à favoriser le passage de l’aide sociale à l’emploi en Europe

Rik van Berkel, Flemming Larsen et Dorte Caswell

Introduction: Les services de première ligne destinés à favoriser le passage de l’aide sociale à l’emploi dans différents contextes européens

Ce numéro thématique est une contribution à la recherche européenne sur le rôle des services de première ligne dans l’application des politiques visant à favoriser le passage de l’aide sociale à l’emploi. Ces travaux de recherche sont pertinents à plusieurs titres. En premier lieu, alors que les efforts déployés dans beaucoup de pays pour activer les chômeurs et les remettre sur le chemin de l’emploi peuvent à première vue sembler similaires, un examen plus approfondi des politiques qui les sous-tendent et de leurs modalités de mise en œuvre dans différents contextes révèle des différences nombreuses et intéressantes. Ainsi, toutes ces politiques contiennent dans une plus ou moins large mesure des éléments contraignants et coercitifs, mais toutes accordent aussi une place plus ou moins grande à des composantes axées sur l’amélioration des compétences, l’acquisition de capital humain et autres mesures d’accompagnement destinées à promouvoir la participation au marché du travail. Leur mise en œuvre fait elle-même appel à la fois à des techniques de traitement des personnes (people processing technologies) et à des techniques de transformation des individus (people changing technologies). Par ailleurs, les réformes engagées ont progressivement élargi le public visé par ces politiques pour y intégrer des chômeurs plus difficiles à insérer, si bien que la population bénéficiaire est devenue plus hétérogène. Enfin, la classe politique est désormais acquise à l’idée que le recours aux sanctions a des effets positifs. Or, si les travaux de recherche corroborent cette thèse pour les chômeurs qui sont employables et n’ont que peu de problèmes en dehors du chômage lui-même, ils sont nettement moins affirmatifs pour ce qui est des chômeurs peu employables cumulant les handicaps. Dès lors, le recours aux sanctions ou autres mesures autoritaires ou coercitives par les travailleurs en contact direct avec ces populations est source de controverses et se heurte à des résistances. Pour mieux comprendre les politiques qui visent à favoriser le passage de l’aide sociale à l’emploi, il est nécessaire d’examiner plus précisément leurs conséquences concrètes pour le public ciblé.


Colin Lindsay, Sarah Pearson, Elaine Batty, Anne Marie Cullen et Will Eadson

Coproduction et innovation sociale dans les services de terrain destinés à renforcer l’employabilité: enseignement à tirer des services en faveur des parents isolés en Ecosse

Etat-providence libéral par excellence, le Royaume-Uni est considéré comme un pays à l’avant-garde des politiques d’activation donnant la priorité au travail ou politiques axées sur «l’emploi d’abord» («work-first») – caractérisées par l’importance des obligations imposées aux chômeurs et par l’offre de services standardisés d’aide à l’employabilité qui ont pour but de permettre aux chômeurs de passer le plus rapidement possible de l’aide sociale à l’emploi. Toutefois, malgré leur extension à des publics exclus tels que les parents isolés, ces programmes conditionnels mis en place à l’initiative de l’Etat et reposant sur la logique de «l’emploi d’abord» ont souvent fait la preuve de leur incapacité à aider les populations les plus vulnérables à échapper à la pauvreté ou même à leur permettre d’améliorer un tant soit peu leur situation sur le marché du travail. Nous avançons que d’autres approches, reposant sur la coproduction et l’innovation sociale, pourraient être plus fructueuses. Nous nous appuyons sur une étude consacrée à des services locaux en faveur des parents isolés instaurés sur la base de partenariats entre tiers secteur et secteur public dans cinq localités écossaises. Nous constatons qu’il existe un lien entre, d’une part, la gouvernance et la gestion du programme (basés sur la cogouvernance et le partenariat collaboratif) et, d’autre part, la coproduction de services de terrain ayant des effets bénéfiques en termes d’innovation sociale et d’employabilité. A partir de 90 entretiens avec des parents isolés et de plus d’une centaine d’entretiens avec des acteurs partenaires du programme et des travailleurs de terrain, nous identifions les facteurs associés à des résultats positifs sur le plan social et sur le plan de l’employabilité. En conclusion de l’article, nous présentons les enseignements à retenir de l’étude pour la gouvernance et la prestation de services en faveur de publics vulnérables.


Delia Pisoni

Activer les jeunes les plus défavorisés en Suisse: administrativement trop risqué, politiquement trop coûteux?

Dans les sociétés européennes modernes fondées sur la connaissance, beaucoup de politiques visant à améliorer l’intégration professionnelle des jeunes reposent sur l’investissement dans le capital humain. Les systèmes d’apprentissage étant censés faciliter la transition entre la scolarité et l’emploi, cette orientation semble particulièrement prometteuse. Toutefois, la recherche montre que les politiques sociales échouent souvent à toucher les membres de la société les plus défavorisés. Dans cet article, nous tentons d’apporter un éclairage sur les raisons et mécanismes à l’origine de ce phénomène, connu sous le nom d’effet Matthieu, en nous appuyant sur une étude de cas unique avec niveaux d’analyse imbriqués portant sur un programme de formation et d’enseignement professionnels destiné aux jeunes défavorisés en Suisse. Nous mettons en évidence des pratiques d’écrémage utilisées par les professionnels de première ligne à des fins stratégiques, pour satisfaire à des critères d’évaluation du programme exigeants. La logique politico-administrative qui préside à l’allocation des ressources favorise ces pratiques, vues comme un moyen de parvenir à ce que le programme affiche de bons résultats et continue ainsi de bénéficier d’un soutien politique, et par conséquent financier.


Katarina Hollertz, Kerstin Jacobsson et Ida Seing

Gouvernance organisationnelle des politiques d’activation: la transparence comme idéal institutionnel dans un organisme suédois de protection sociale

L’Agence suédoise de la sécurité sociale (Försäkringskassan – SSIA) et son personnel de première ligne ont un rôle clé à jouer dans la mise en œuvre des politiques d’activation. Dans cet article, les auteures s’appuient sur une recherche ethnographique conduite dans des centres locaux de la SSIA pour examiner comment l’idéal de transparence, conçu comme une composante de la gouvernance institutionnelle de la politique d’activation, est négocié et mis en pratique dans le fonctionnement quotidien d’une administration de sécurité sociale. L’analyse révèle le rôle central que cet idéal de transparence joue dans le respect, par le personnel de première ligne, des règles appliquées par la SSIA. Elle montre aussi que, malgré son rôle central dans le fonctionnement institutionnel interne, cet idéal se manifeste nettement moins dans les relations avec les clients et le monde extérieur.


Deborah Rice, Vanesa Fuertes et Lara Monticelli

L’accompagnement personnalisé vers l’emploi est-il à la hauteur des espoirs qu’il a fait naître? Conclusions d’une étude portant sur trois villes européennes

Depuis l’adoption de la Stratégie européenne pour l’emploi, en 1997, l’accompagnement personnalisé vers l’emploi a été au cœur des priorités de l’Union européenne et de ses Etats membres. Pourtant, les études empiriques consacrées à l’offre de services personnalisés en faveur des demandeurs d’emploi sont encore peu nombreuses. Dans cet article, nous examinons comment les agences locales pour l’emploi de trois villes européennes adaptent l’accompagnement et les services en fonction des besoins individuels des demandeurs d’emploi. Nous constatons que, en pratique, l’insuffisance des budgets alloués et des interfaces institutionnelles avec les prestataires de services sociaux limite la personnalisation du contenu des services, ce qui pénalise les demandeurs d’emploi vulnérables. L’accompagnement personnalisé est en revanche plus répandu, du moins pour certains publics. Toutefois, les moyens dont disposent les organisations pour proposer des bilans et un suivi personnalisés varient considérablement en fonction des différents «mondes» existant en Europe en matière de personnalisation des services.


Eric Breit, Knut Fossestøl et Eirin Pedersen

Existe-t-il une hiérarchie des connaissances dans le domaine des services pour l’emploi et des services sociaux? Connaissance fondée sur les résultats de la recherche et connaissance fondée sur la pratique dans l’innovation en matière de services de première ligne

Alors que les décideurs publics et les chercheurs s’intéressent de plus en plus à l’innovation et à la production de connaissances dans le cadre d’une démarche collaborative entre les agences et travailleurs de première ligne et les autres parties prenantes telles que les citoyens et les chercheurs, la recherche empirique s’est pour l’heure peu intéressée aux conceptions (diverses) de ces collaborateurs quant au type de connaissances qu’il convient de produire. Dans cet article, nous nous intéressons à ces conceptions en nous appuyant sur une étude de cas comparative portant sur deux projets d’innovation locaux menés à bien par l’Administration nationale norvégienne pour le Travail et les Affaires Sociales dans le cadre d’un programme quadriennal d’innovation dans le domaine des services. Alors qu’elles ont été mises en œuvre à la suite d’un même appel à projets, les deux initiatives visaient à produire deux types de connaissances très différents l’un de l’autre: l’une concernait la production de connaissances fondées sur la pratique et l’autre la production de connaissances fondées sur les résultats de la recherche. Nous montrons dans notre étude que, alors que le premier type de connaissances était controversé et difficile à traduire en actions concrètes, la production du deuxième type de connaissances n’a posé que peu (voire pas) de problèmes et a été mise en œuvre à relativement grande échelle. Ce constat laisse penser qu’il pourrait exister une hiérarchie de la connaissance dans le domaine des services pour l’emploi et des services sociaux, en ce sens que le savoir et les méthodes basés sur les résultats de la recherche sont jugés plus légitimes et plus adaptés que d’autres formes de connaissance, qui occupent une place inférieure dans la hiérarchie. Nous examinons les raisons susceptibles d’expliquer cette hiérarchie apparente et les conséquences qui en résultent pour les services pour l’emploi et les services sociaux.


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