Cette évaluation, corroborée par la parution d’un nouveau rapport de l'Association internationale de la sécurité sociale (AISS), « Une sécurité sociale dynamique: garantir la stabilité sociale et le développement économique», a ainsi ouvert le WSSF au Cap, en Afrique du Sud, le 29 novembre 2010.
Les participants au débat au cours de la séance ont reconnu la valeur inégalable des interventions en matière de politique sociale dans de nombreux pays pour atténuer les effets de la crise. Cependant, leurs coûts ont été plus élevés que prévus pour les systèmes de sécurité sociale, qui se retrouvent maintenant avec des finances en forte baisse. Malgré cela, la conclusion de M. Hans-Horst Konkolewsky, le Secrétaire général de l'AISS, a été claire: le recours aux systèmes de sécurité sociale a été un impératif, un «must» social.
Vers une culture de la sécurité sociale
La sécurité sociale étant à l’avant-scène internationale, la séance plénière s’est également penchée sur les moyens de réaliser d’autres progrès.
Un défi fondamental a été de mieux informer les citoyens de l'importance de la sécurité sociale. Dans certains pays, comme en Uruguay et au Mexique, cela a été entrepris auprès des enfants en bas âge, dans le cadre même du programme scolaire national, ce qui a permis d’instiller une «culture de la sécurité sociale». M. Andras Uthoff du Chili a souligné que la valeur de la solidarité est une condition essentielle de cette culture, une position qu’a partagée Mme Chantal Euzéby de la France.
Un autre défi a été de rendre la sécurité sociale accessible à toutes les générations. M. Vusi Madonsela, directeur général du ministère sud-africain du Développement social, a parlé du risque social que représentent les niveaux élevés du chômage des jeunes. Cependant, l'inactivité dans tous les groupes de population représente également une menace. Comme la longévité s’accroît, la retraite anticipée est notamment une forme d'inactivité à décourager.
L'inactivité privant la sécurité sociale des ressources vitales tout en augmentant ses coûts, elle remet en cause les modèles actuels de financement de la sécurité. Assurer la viabilité financière de la sécurité sociale exige davantage d’attention.
La santé financière de la sécurité sociale est également une question de volonté politique, selon M. Michael Cichon, directeur du Département de la sécurité sociale au Bureau international du Travail. Différents pays avec différents niveaux de développement économique ont été en mesure de faire des choix différents quant au montant à consacrer à la sécurité sociale. Bien que des montants plus élevés ne signifient pas toujours une meilleure protection sociale, ces variations prouvent que les pays peuvent faire des choix et qu’ils disposent d’une marge budgétaire en cas de besoin.
Cette observation est venue étayer la faisabilité de l’initiative pour un socle de protection sociale, qui est menée par le BIT et qui vise à étendre la couverture de la sécurité sociale à tous.
L’importance de la sécurité sociale est soulignée dans des stratégies de partenariat en matière de marché du travail, de santé et d’apprentissage continu, qui encouragent la vie active chez tous ceux qui en sont aptes. Pour toutes les personnes en âge de travailler, l'activité et le travail constituent la meilleure forme de sécurité sociale. M. Bernd Marin du Centre européen de recherche en politique sociale a fait valoir le rôle de prévention de la sécurité sociale.
Parmi les conclusions du rapport de l'AISS, un appel a été lancé en vue de déployer de plus grands efforts pour une sécurité sociale dynamique: il est essentiel d'élaborer des stratégies pour favoriser une meilleure performance des organisations de la sécurité sociale dans le but d'améliorer la protection sociale des populations.
L'AISS a reconnu qu’en raison l'incertitude et l'instabilité qui règnent actuellement dans le monde, une sécurité sociale dynamique est plus nécessaire que jamais, mais aussi plus difficile à réaliser.