Le Vice-président de l’Argentine Amado Boudou. Photo: BIT/Crozet
Remettant en question le modèle économique dominant où l’austérité budgétaire est proposée comme solution à la crise, le Vice-président a montré comment l’Argentine a accordé la priorité au renforcement de la protection sociale et de l’éducation au cours des dernières années, depuis que le pays a fait face à une crise grave dix ans auparavant. «En privilégiant la sécurité sociale, le gouvernement a également investi dans la création d’emplois et dans la réindustrialisation», a déclaré M. Boudou.
«Améliorer la distribution des richesses et réduire les écarts de revenus ne sont pas uniquement des impératifs moraux, mais aussi une excellente manière de stimuler la demande globale», a observé M. Boudou.
Le Vice-président a formulé ces remarques au cours d’un événement organisé par l’AISS à Genève le 15 mai dernier. Il s'est également entretenu avec le Secrétaire général de l’AISS, Hans-Horst Konkolewsky, et a rencontré le Directeur du Département de la sécurité sociale du Burau international du travail (BIT), Michael Cichon. Le Vice-président était accompagné du Représentant permanent de l’Argentine auprès des Nations Unies, Alberto Pedro D'Alotto, et d’autres membres de sa délégation.
M. Boudou a reconnu qu'il restait encore à faire pour assurer une protection sociale aux travailleurs de l’économie informelle dans son pays. Il a néanmoins ajouté que la priorité était d'amener ces travailleurs à l’économie formelle et de diversifier les sources de financement des régimes de sécurité sociale.
Au cours d’une interview qui a suivi l’événement, le Vice-président a souligné l’importance d’organisations telles que l’AISS, qui offrent notamment des plateformes de discussion sur les différentes politiques économiques et sociales.
«Des organisations comme le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale ont un point de vue unique, ce qui a eu un impact négatif considérable sur les économies des pays développés et en développement», a déclaré M. Boudou.
«Des organisations telles que l’AISS ou l’OIT sont davantage pluralistes, et permettent élargir la discussion; il est ainsi possible de débattre de différents points de vue et de proposer de nouvelles idées – comme celles qui sont présentées aujourd’hui», a-t-il conclu.
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